PUBLICATIONS

Poésie pour enfants

Oasis de Papier (Labor / 1989) Pattes de mouches Perles sur l’Ardoise Les Mots troubadours (FIC-préface de Valérie Piron) Nombreuses participations chez Averbode
(Dorémi –Bonjour-Album Noël)
et chez Artis-Historia
1990-1998
portrait-2

Recueils de poésies pour adultes

À l’Ombre d’un Pommier
De Dune et de Lumière

 

Pédagogie de l’art

L’Enfant et le Théâtre / Labor / collection « Ecole 2000 »
préface de José Géal

L’Ecriture au Bout du Rêve
Réflexion sur l’écriture / avec le soutien de la Communauté française de Belgique

                                                             *
Le Petit Messager
Trimestriel de l’asbl « les Messagers du Cœur »

Le Jardin de Ciboulette
CD de poèmes offert aux enfants hospitalisés

Balladino, le Messager du Soleil
Livre illustré pour jeune public aux éditions CPSConsult 2012

Balladino et Gingash à l’Hopital
Livre illustré pour jeune public aux éditions CPSConsult 2015

Billets d’Art pour la Revue Générale 2013 – 2017
Livre d’Art et biographie: sculpteur Cadelli

ECRITURE POUR LA SCENE

Méli-Méloscope
Pièce de théâtre pour jeune public
Montée en 1992 à Bruxelles par le théâtre du Méridien (mise en scène :Raymond Pradel)
Prix de la Licorne d’OR à Mons
Représentation au festival de Bordeaux

Arboriscope
Pièce de théâtre pour jeune public
Montée par les écoles de Tournai dans le cadre des journées de l’Enseignement

Kaléidoscope révolutionnaire

Pièce de théâtre pour jeune public
Montée en 1992 à Bruxelles par le théâtre du Méridien (mise en scène : Raymond Pradel)

Big Bang Blues
Comédie musicale (musiques de J. Siroul)
Montée en 1995 à Bruxelles (mise en scène : Julie River)

Didi Beausonge
Pièce de théâtre (pour adultes)
Montée à Tournai par la compagnie « un Vélo sur les Mains / mise en scène : P. Crombez)
Lecture publique au Théâtre Royal du Parc à Bruxelles en 2006 (M.E.T)
Mise en scène : Véronique Biefnot

On n’attrape pas un croque-mort avec du vinaigre
Pièce de théâtre

Balladino, Le Messager du Soleil
Livre illustré pour jeune public aux éditions CPSConsult

Billets d’Art
Préfaces – biographies

BILLETS D’ART

Le FRAGMENTALISME
Un mouvement nouveau

l’œuvre est l’évidence d’un incontestable talent, nous obligeant, peu importe le moment, à revenir à cette œuvre et à l’absorber dans sa globalité sans essayer de la comprendre.
Le tableau, ou la sculpture, s’apparente alors à un nouvel univers au centre duquel nul ne se trouve. Issu de l’inconscient dépourvu d’entendement. Un univers en attente de transcender avec la force de celui dont il émane l’être qui le contemple. Et si cet univers-là nous apparaît soudain plus réel que ce que nous connaissions du vivant, c’est que la détermination et l’incandescence intellectuelle ont tout naturellement apprivoisé nos émotions.
Oui, l’œuvre alors est bien une œuvre. Surtout si elle devient le témoin dans l’espace et le temps de l’humanité toute entière.
Aujourd’hui, dans un monde qui explore l’infiniment petit pour mieux comprendre l’infiniment grand, dans une société (dont l’Art est toujours le reflet) qui explose en microcosmes de plus en plus autonomes multipliant le nombre de pays qui « n’ont plus de frontière », l’élément le plus infime s’impose. Réclamant sa place. S’affirmant comme vivant. Le monde, notre monde devient multiple, pluriel, mosaïque. N’assistons-nous pas là à une révolution sociale? Une révolution que les artistes, tout naturellement, comme ils l’ont toujours fait, consciemment et non consciemment, englobent dans les alvéoles les plus intimes de leur imaginaire, convergeant ainsi à l’essor d’un nouveau mouvement d’art que je qualifierai de FRAGMENTALISME, tout simplement.
Julie River
pour la REVUE GENERALE

Destin d’artiste
On ne se destine par à l’art comme on se destine à la chimie, l’informatique ou l’enseignement. C’est lui qui vous destine. On entre en peinture, en écriture ou en musique comme en religion. Dénudé. Humble. Avec une force intense de grandir tout au long de son intime recherche.
On mène alors un combat. Ardu. Ardent. Quotidien avec le néant.
Fasciné par la surface blanche, toujours renouvelée, ou l’espace-temps qu’il se sent devoir conquérir, l’artiste va peu à peu altérer sa propre perception du monde. Sa représentation transfigurée des choses et des êtres peut alors entamer son chemin obsessionnel.
Comme d’un miroir déformant , c’est de son imaginaire, en constante émergence, qu’il extrait une à une les particules de son œuvre, telle une cathédrale de sons, d’ombres et de lumières.

Toujours imaginer, chercher, continuer, sublimer, communiquer avec sa tribu intérieure, avec les mondes engloutis au fond de son être, telle est sa quête.

L’art est avant tout une histoire d’amour. Un don de soi. L’écho vibrant des sensations sur les chemins de traverse et aux carrefours de rencontres d’exception. Et elles le sont toutes, exceptionnelles. Chacune plus enrichissante l’une que l’autre, au gré de la différence.

C’est pour cela que chaque enfant croisé par chaque artiste ami des Messagers est un trésor. La source limpide d’un ruisseau d’inspiration.
Ce sont tant de ruisseaux qui refont les mers. Merci les enfants.

Julie River


À propos de Pierre Alechinsky

La superbe Maison d’Erasme dans le cœur historique d’Anderlecht accueille du 22 mai au 16 novembre 2014 l’artiste de renommée internationale Pierre Alechinsky. L’ensemble s’étale sur deux étages.
Si, en haut, les « écritures d’herbes » s’offrent à nous telle une rêverie sur les feuilles débrochées d’un ancien livre de botanique Flora Danica, c’est incontestablement au rez-de-chaussée que réside l’essentiel. Une exposition sublime qui marie jusqu’à la délectation le rouge vénitien présent dans chaque tableau au vert de Cordoue des murs Renaissance. Le hasard, s’il existe, a là bien fait les choses. Car, nous dit Alechinsky, c’est justement cette parfaite complémentarité des tons qui l’a déterminé à accepter le projet. Un régal pour les yeux.
Entrer dans cette partie de l’exposition, c’est un peu pénétrer une partie du cerveau de l’artiste. L’ensemble impressionne. Fortement et instantanément. Nous absorbant sans détours dans une flagrante unicité de couleur. Uniformité, conviendrait-il de dire, tant le rouge, seul présent, à l’exception cependant d’une seule œuvre à l’acrylique qu’Alechinsky a bordée de vert (on pourrait dire la seule à avoir du galon car elle nous apparaît comme la représentation d’une incontournable hiérarchie), s’impose à notre regard comme la résonnance d’une troupe figée. Impression de premier abord. A y voir de plus près… ? Une uniformité toute de différences. Car, sous son aspect répétitif dû entre autre à l’omniprésence d’un disque gravé à l’eau-forte, toujours le même tel un poinçon marqué au cuivre rouge et, toujours situé au même endroit, comme posé sur la ligne médiane horizontale de l’œuvre, tout, autour, mérite la plus grande des attentions.
Arrêtons-nous d’abord à ce disque. Partagé en trois zones égales représentant trois des quatre éléments, l’air, l’eau, le feu, Alechinsky s’est, dit-il, débrouillé pour… représenter le quatrième, c’est-à-dire, la terre, en ajoutant des compositions partout ailleurs… sur le papier Chine alors que, tout bien considéré, la terre est déjà présente dans ce disque, engendrée par la circonférence elle-même. Prétexte donc à représenter non pas le quatrième élément mais les imparfaits qui lui tournent autour… Stupidité des armées. Violence des groupes. Blessures des exils. Abandon d’une culture. Comme cette femme qui court, éperdue, laissant derrière elle un chandelier, un soir de fête…, bougies allumées, et, symbole cependant de sa propre identité.
Mais, la sphère aura beau tourner, la roue du temps aura beau tourner, les roues des chariots de l’exode auront beau tourner, rien n’y fera. Jamais. Notre appartenance profonde est comme les encres d’Alechinsky, indélébile.
Julie River
Chroniqueur d’Art
« La Revue Générale »

À gré des rencontres…
Anick Langelier

Peintre canadienne qui transporte son art en Europe, révélant la force d’une âme collective au jour où l’humanité semble décalée

Naître ou ne pas naître ? C’est la question qui vient à l’esprit en découvrant, dans l’œuvre picturale d’Anick Langelier, l’éloge de la folie révélé. Tout de mysticisme et de dérision.
Chaque image, chaque interprétation semble avoir été volée avec appétit et puissance à un univers décalé. Notre univers.

Et quand le diable et l’ange se mélangent, et que l’amertume s’empare de l’âme, et que l’amour lui-même comme issu d’un laboratoire ne fait qu’assurer les générations futures, l’artiste fait rejaillir du plus profond de son être les chemins de l’enfance.
L’insouciance, soudain, devient sa complice devant le masque de la mort. Devant l’absurdité des armées. Devant l’hypocrisie de l’homme.

Et quand le manège imposé aux prisonniers tournant en rond dans la cour lui rappelle le mouvement perpétuel, celui de la Terre autour du Soleil, alors s’impose à Anick Langelier, comme une évidence, l’impuissance de la raison face à l’inéluctable dernier jour. À ce génocide perpétuellement sourd.

Seul alors son pinceau trempé dans le bleu d’un ciel de printemps se met, avec force, à envahir de lumière la danse, la musique. Tout ce qui empêche un peuple d’être esclave.
C’est ce que cette artiste semble nous rappeler. Qu’à défaut de croire au sens des choses, il est bon de danser. Pour oublier…

Julie River

Du 9 au 23 mars 2014, à la COBALT INTERNATIONAL GALLERY : exposition de Natalina Tolu. Techniques multiples (acrylic, écoline, encre)

À propos de Natalina Tolu

On n’entre pas par hasard dans une œuvre de Natalina Tolu. On y plonge. Lentement. Comme sur une vue aérienne que l’on aurait placée dans sa verticalité.
L’œil est d’abord figé. Sensation d’absolu, d’immensité. L’abstraction s’impose, très vite rattrapée cependant par la figuration instinctive de l’inconscient.
Pour cette jeune artiste en état de création, l’instant devient l’infini, le présent s’annule, le « je » bascule dans une sorte d’univers parallèle. Univers de recherche. Univers de complexité où les formes et les tracés s’entremêlent.
Et, soudain, le zoom ! Du regard de l’autre, de celui en quête de découverte, de ce regard-là émerge tantôt une ville, tantôt un bord d’eau, une forêt. Et, au cœur de la forêt, un fantôme, un loup…
Oui, Natalina est à l’image de son siècle. Son subconscient, son âme toute entière semblent émaner de haute technologie.
L’art de brouiller l’accès à la globalité universelle pour mieux accéder à l’essentiel, notre essentiel, celui qui s’imbrique tout juste en notre propre imaginaire : telle est sa démarche.
Certes, dans ce monde aux couleurs chatoyantes, cette artiste a encore beaucoup à nous surprendre.
Julie River


À propos de Fatmir Limani

Galerie Cobalt

Provocateur Fatmir Limani ? On l’entend dire. Souvent. Mais, provocateur envers qui ? Lui-même ? La société ? Ou envers « dieu » qu’il écrit avec une minuscule dans beaucoup de ses toiles ? Certes on sent d’emblée chez ce peintre de talent un conflit profond entre son moi intérieur et ce « dieu » proclamé si grand et, sans le voir jamais, auteur de chaque lettre du grand livre de l’humanité. Car, nous dit Fatmir quand on l’interviewe, qui est-il s’il a tout créé, sans omettre l’horreur ni la décadence ?
Ce malaise-là il est très présent dans l’œuvre du plasticien qui cherche à interpeller. Et, il y arrive sans aucune difficulté.
Un vernissage d’une exposition de Limani en témoigne car ne se limite pas au bruit des verres qui s’entrechoquent. Il se caractérise par les dialogues agités des groupes de spectateurs formant presque des corpuscules réactionnaires.
Dans sa série de cinq tableaux « Et » « dieu » « créa » « Adolph » « Hitler », qui succéda à « Et dieu créa le génocide », c’est tout l’inconscient collectif qui est ébranlé. Au-delà de l’espace et du temps. Au-delà de tant de tentatives échouées de vouloir, tous, oublier au risque d’une vaine abnégation.
Oui, mais, le monde de dualité au sein duquel nous évoluons dans tous les sens du terme est bien de noir et de blanc. N’est-ce pas ? Tout s’oppose. Tout continue de s’écrire. Et si, finalement, dieu c’était nous ? Tout simplement… Oui, alors, il faudrait l’écrire avec une minuscule !
Issu d’une famille de réfugiés albanais, Fatmir Limani a une rancœur non dissimulée. Et, il a bien raison de mettre au grand jour cette amertume de l’âme, insufflation sans doute à sa force créatrice. Nourricière et protectrice pour empêcher de sombrer comme un caillou dans un aquarium. De se blesser au fond, encore une fois. Une fois de trop.
Et si c’était cela sa démarche lorsque, dans de merveilleuses huiles sur toiles intitulées justement « Aquarium », il obtient de subtils effets en décollant avec une infinie délicatesse les rubans adhésifs qu’il avait préalablement entrecroisés sur le lin. Oui, c’est cela. Fatmir ôte sans le savoir un à un les pansements des plaies laissées par l’exil.
Sans aucun doute, ce peintre, artiste dans l’âme, aussi éducateur de quartier, doit se sentir tellement interpelé par les évènements d’aujourd’hui. Par Paris, puis Bruxelles atteints l’un et l’autre par la violence aveugle.
La galerie Cobalt recevait cet artiste durant le mois d’avril.
Merci Fatmir Limani d’apporter néanmoins une certaine tendresse aux injustices de notre système social. Oui, il m’apparaît alors que le mot « Art », lui, doive s’écrire avec une majuscule.

Julie River

Marie Van Hove

Fenêtres sur le Temps retrouvé

Dans la « petite maison d’artiste » de Marie Van Hove,  trois « cabinets de curiosité » placent d’emblée la jeune peintre au cœur de sa recherche intérieure, de sa vie. Coraux, coquillages de Guadeloupe, sables des déserts, terre du Tchad, moules fossilisées… témoins silencieux de la mémoire du temps. Tout déjà la met là en scène comme celle qu’un imaginaire fécond vient épouser au gré des méandres les plus retirés de notre planète. À trente-six ans, Marie a déjà beaucoup voyagé et cela se sent. Les traces indélébiles du végétal et du minéral au cœur de la lumière en témoignent. Cette lumière, si différente en chaque latitude, et qui ne la quitte jamais. Il me presse donc de découvrir un univers qui n’appartient qu’à elle. Ce privilège d’un moment le partager et de m’en retourner ensuite toute imprégnée.

Le bout du Monde

    Fille d’ingénieurs architectes, Marie, prédestinée à la découverte de mondes lointains, a vécu son enfance en Afrique. Au Cameroun, plus précisément. Terre des grands contrastes, des divins espaces. Et, ces horizons que l’on n’atteint jamais ont de toute évidence laissé leur empreinte chez cette artiste, telle la douce explosion d’une âme qui n’a jamais fini de s’exprimer. La terre à l’état brut, la virginité des paysages, les nuances de bruns et de bronzes, tout ce qui caractérise ces régions insolites, s’est imprimé à jamais dans l’inconscient pur de Marie Van Hove surgissant à la frontière sensible de la conscience à l’aube encore de sa création. Fixation irréversible touchant à l’émotionnel le plus instinctif. Comme pour nous rappeler que la nature elle-même est gardienne des œuvres les plus belles. Les plus délicates.

L’Oeuvre

    C’est donc inspirée par des paysages primordiaux que l’artiste transpose sur la toile. Tel un monde inaccessible (si ce n’est par elle-même) et constamment en devenir, l’image reçue au détour d’un voyage semble refaire le chemin à l’envers jusqu’aux origines les plus extrêmes de notre planète.  Oui, Marie remonte le temps ! Dans cette démarche inconsciente qui démontre chez elle un talent sûr, elle englobe l’instant présent dans sa multitude fragmentée et le replace dans le canevas le plus secret de la création du monde. Ombres et lumières s’articulent dans ce qui déjà n’est plus un chaos. Vides et masses s’équilibrent pour faire  naître l’harmonie. L’étincelle éclabousse et la source jaillit. La tornade balaye la toile étirant la matière aux antipodes. Tout l’art du non-figuratif aux multiples lectures possibles. Car chacun qui voit l’une de ses toiles la lit à sa manière. Quand les imaginaires s’entrechoquent, celui de l’artiste et l’autre, celui qui regarde, un monde originel surgit de toute part. Et le tableau devient infini. L’émotion perdure en celui qui contemple.

Souvent sur des formats carrés, le coton (encore l’Afrique !) prend une place importante sur le papier fin grain ou sur la toile. Cette technique permet une fragmentation de base désirée consciemment par l’artiste. Une fois le coton collé, la gouache trop souvent peu considérée, est mise à l’honneur. Encre de Chine et pigments venant s’y jeter comme une semence de vie sur collines et abysses. Leurs éclats sont presque sonores. On croirait entendre la Terre tourner en ouvrant la fenêtre. Chaque tableau est une fenêtre. Celle que l’imaginaire aurait envie d’ouvrir sur un monde qui sans doute fut le nôtre et dont nous sommes issus. Fenêtre sur le temps. Fenêtre sur le mystère. Car ce que l’on croirait pouvoir nommer paysages en réalité est bien plus que cela.

Julie River